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La commercialisation de l'ocre

C’est par cet acte notarié (cité plus-haut – l’histoire), daté de 1571, que nous avons les premières preuves de la commercialisation de l’ocre de Saint-Georges ; mais plusieurs indices laissent à penser que les siècles précédents ont déjà connu une grande activité commerciale dans ce domaine.

À partir du XVIe siècle, l’ocre était embarquée en grandes quantités (entre 100 et 200 poinçons *** par marchés conclu) sur le Chern rivière qui longe le village de Saint-Georges, et qui à cette époque était navigable 3 à 4 mois par an. Par le Cher, on rejoignait la Loire. Le pigment, mis en fûts (les poinçons) était ainsi conduit jusqu’à Nantes, Tours ou Orléans. De Nantes l’ocre partait pour La Rochelle, Bordeaux, Marseille, Rotterdam, Amsterdam ou Hambourg.
*** 1 " poinçon " = 318 kg.

 
Rouge de prusse ou rouge d'angleterre

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, c’est une compagnie hollandaise qui s’assura le quasi-monopole commercial de l’ocre de Saint-Georges.

Le pigment, parvenu aux Pays-Bas, était calciné et traité afin d’obtenir des teintes dérivées, puis revendu dans toute l’Europe sous les noms de " Rouge de Prusse " ou " Rouge d’Angleterre ".

En dehors de son utilisation en peinture, on s’en servait aussi pour le polissage des glaces, la teinture des carrelages et dans toutes formes d’impressions colorées.


Vers le milieu du XVIIIe siècle, les Seigneurs de Saint-Georges, voulant s'affranchir de l'emprise hollandaise, ouvrirent de nouveaux puits d'exploitation et se lancèrent dans le commerce pour leur propre compte.
Un four fut construit dans le village et, par calcination de l’ocre, on tenta de diversifier les couleurs pour offrir un choix de produits plus important, ce qui semblait faire le bonheur des clients de la compagnie hollandaise… mais les résultats obtenus furent jugés peu probants et le traitement du pigment sur son lieu d’extraction fut de ce fait arrêté.


La Révolution mit fin au monopole seigneurial. Les terres furent vendues, des concessions d’exploitation données un peu au hasard, chacun exploitant un ou plusieurs puits, de façon anarchique.

Parallèlement, le marché européen de l’ocre connut à cette époque une forte régression et les ocres de Puisaye, exploitées depuis peu, et d’un prix de revient moins élevé compte tenu de leur facilité d’extraction furent une dure concurrence pour Saint-Georges.

L’exploitation connut alors une période de crise, à tel point que, en 1846, on ne comptait plus qu’un propriétaire de mine et 5 ouvriers ocriers. En 1862, le dernier puits fermé.

 
la "petite histoire" ...

On raconte qu’en cette année 1862, un chargement d’ocre navigant par bateau jusqu’à Nantes, a été emporté avec son embarcation par le fleuve en crue… L’ocrier de Saint-Georges, Louis ROLLAND, apprenant la nouvelle, et de ce fait ruiné, jeta ses outils dans le dernier puits en activité et laissa la nature entreprendre son devoir d’oubli …

Document rédigé d'après : Jean-Yves Ribault, étude pour "Pigments et Colorants", CNRS Éditions, 1990. Claude Debéda, L'ocre de Saint-Georges-sur-la-Prée, Musée de l'Ocre INPS, 2000.

 
 
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